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SIX CLÉS POUR NÉGOCIER AU MIEUX SON BUDGET

BIEN NÉGOCIER SON ARRIVÉE

«

C'est avant même son arrivée dans l'entreprise, qu'il faut se préoccuper de son budget !

», estime un Directeur des risques. «

Il

faut bien cerner l'entreprise et ses risques, pour négocier non seulement une équipe à la hauteur, mais aussi les primes d'assurance

nécessaires. Les entreprises ont une grande inertie : si les budgets sont officiellement annuels, ils sont en réalités établis dans la

plupart des cas par rapport à l'année précédente, souvent à la baisse dans la conjoncture actuelle… Alors, il ne faut vraiment pas se

rater sur son budget ”zéro” ! »

1

CONFRONTER COÛT DU RISQUE ET GARANTIE OBTENUE

C'est en mettant clairement en évidence les risques évités que le Risk Manager peut justifier primes payées et dépenses en

matière de risque, mais aussi convaincre de la nécessité de mettre en place de nouvelles polices ou nouvelles mesures de

protection. «

Il faut montrer les montants de garantie que les primes couvrent. Le budget que l'on présente à la direction financière

ou générale doit clairement montrer, en deux colonnes, la prime et l'engagement de l'assureur. On ne peut considérer une prime

de 30 000 euros qu'au regard de l'engagement de l'assureur… qui peut s'élever à 5 millions d'euros. En face de chaque prime, il

y a un engagement de l'assureur… et finalement tout le monde trouvera peut-être qu'il serait intéressant d'accroître la prime de

seulement 10 000 euros, pour gagner deux millions de garantie supplémentaire !

», explique François Malan. Avec, aujourd'hui,

de nouveaux arbitres : les administrateurs, qui s'avèrent de plus en plus sensibles au sujet…

2

FONDRE LES MISSIONS DE CONSEIL DANS SON ENVELOPPE «ASSURANCE»

Difficile actuellement de faire passer une ligne «honoraires » un peu trop importante. «

Les frais de consulting et de déplacement

sont les premiers coupés en période de crise

», rappelle Thierry Van Santen. Mais lorsque les équipes ne sont pas suffisantes pour

réaliser l'ensemble des travaux nécessaires au Management des Risques, certains n'ont pas le choix. La solution ? «

Glisser dans le

budget « primes d'assurance » quelques missions de prévention des risques, d'audit des polices ou encore de gestion des sinistres, qui

peuvent être réalisées par son courtier… La direction financière nous demande juste de respecter le budget global, à l'intérieur, on est

assez libres

», confie un professionnel. Ce n'est somme toute qu'une affectation comptable différente, mais elle passe mieux…

3

METTRE EN AVANT LA NÉCESSITÉ DE NOUVELLES GARANTIES (CYBER, FRAUDE, PERSONNES CLÉS...)

«

Les directeurs des risques se doivent aujourd'hui de convaincre les directions générales de la nécessité de souscrire de nouvelles

polices sur des sujets comme le cyber ou la fraude

», estime François Malan. Face à cette demande de budgets complémentaires,

les responsables des risques sont confrontés à deux questions «

Quels sont les sinistres ? Et pourquoi cette police n'était pas

nécessaire dans le passé ?

», au risque de se voir demander de mettre l'accent sur la prévention, plutôt que miser sur une

assurance… «

Vu l'importance de ces nouveaux risques de cyber ou de fraude, mieux vaut contracter, au moins dans un premier

temps, une police avec une limite faible et une franchise élevée : il s'agit d'éviter la véritable catastrophe qui pourrait être fatale

à l'entreprise

», indique François Malan. Reste qu'aujourd'hui, seule une entreprise sur deux aurait signé une police Cyber.

4

SAVOIR SURFER SUR UN GROS SINISTRE

«

La direction financière raisonne trop souvent en coûts, sans voir ce que l'entreprise a gagné face à ces coûts

», estime un Directeur

des risques. «

Il est bon de faire le bilan des éléments marquants de l'année, avec la somme des indemnisations reçues : ce sont

finalement les sinistres qui justifient le paiement des primes

».

5

S'APPUYER SUR L'INDICATEUR DU COÛT DE TRAITEMENT DES RISQUES

«

La meilleure façon de se préparer à un éventuel retournement du marché est de s'appuyer sur des éléments chiffrés et concrets,

dont on peut suivre l'évolution d'une année sur l'autre : c'est l'objectif de l'indicateur du coût de traitement des risques assurables

que propose l'AMRAE. Beaucoup d'entreprises gagneraient à l'adopter

», indique Bénédicte Huot de Luze, Déléguée générale de

l'AMRAE.

6

ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE

I N°10 I

SEPTEMBRE 2016

23

DOSSIER

LE BUDGET DU RISK MANAGEMENT