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Diriger une entreprise, c’est pour le dirigeant, une prise de risques mesurée mais aussi

le risque d’être personnellement mis en cause dans ses actes de gestion. Parmi les solu-

tions de protection des dirigeants, il existe une assurance de la Responsabilité Civile des

Mandataires Sociaux (RCMS). Son marché étant devenu très concurrentiel, le Risk Manager

doit exercer une vigilance forte pour veiller aux spécificités des garanties à souscrire.

RESPONSABILITÉ CIVILE DES MANDATAIRES SOCIAUX

LA GARANTIE FACULTATIVE

SI INDISPENSABLE

Par Florence Puybareau

V

enue des États-Unis dans les années 1980, l'assurance RCMS

est désormais ancrée en Europe. La raison ? «

L’augmentation

du nombre de mises en cause de dirigeants, liée notamment

à un environnement économique et financier difficile, l’ex-

pansion internationale des entreprises, la surveillance accrue

des régulateurs et l’augmentation importante du nombre d’enquêtes

et d’investigations

», explique Jonathan Hasson, Responsable Produit

Responsabilité des Dirigeants chez AIG France. «

La plupart des chefs

d’entreprise et mandataires pensent, à tort, que leur entreprise pourra les

protéger et les défendre s’ils sont mis en cause à titre personnel. Or, les

sociétés ne sont pas autorisées à intervenir financièrement au profit de

leurs dirigeants poursuivis ou mis en cause. La prise en charge des frais de

défense par la société pourra, en effet, être considérée comme de l’abus

de biens sociaux

», rappelle Nicolas Koslowski, Responsable ETI chez

HDI Global SE.

UN MARCHÉ HÉTÉROGÈNE

Aujourd’hui, plus une seule grande organisation française ne peut faire

l’impasse sur ce type d’assurance et la concurrence entre les assureurs

est rude. Car c’est une police très rentable au regard de la sinistra-

lité actuelle en France. En revanche si l’entreprise a des activités aux

États-Unis et au Canada (pays sources de réclamations beaucoup plus

probables), les primes sont sur-tarifées et donnent lieu parfois à des

polices particulières.

Les professionnels pensent ainsi que, suite au scandale des logiciels

truqués, Volkswagen devrait épuiser sa ligne de 500 millions d’euros.

«

Ce sont des contrats regardés de près. Le sujet est sensible, les Risk

Managers n’ont pas le droit à l’erreur car les dirigeants peuvent être mis

en cause à plusieurs niveaux

», remarque Audrey Descaves, Souscripteur

senior Financial Lines chez Zurich Global Corporate France.

Côté courtier, on note aussi l’attractivité du marché, avec néanmoins

un bémol. «

Il y a 20 ans, c’était un secteur de niche qui est devenu

une activité d’assureur généraliste sur leur famille de produits “ Lignes

financières”. Mais les compétences ne sont pas toujours au rendez-vous.

Ce sont des polices qui requièrent de la réactivité et un certain doigté

pour traiter avec les VIP. Entreprise et assureur doivent être bien d’ac-

cord sur les objectifs de la police et préciser l’accompagnement en cas de

sinistre

», note Jean-Philippe Berton, Chargé de clientèle chez Bessé.

Des sinistres qu’il voit se développer ces dernières années sur tout le

spectre de la couverture : harcèlement moral, discrimination, actions

en comblement de passif, recherche de la répression des fraudes…

JAMAIS SANS MA RCMS ?

L’absence de souscription d’une police RCMS peut-elle être considérée

comme une faute de gestion du dirigeant ? «

Non, pas à ce jour

»,

explique l’avocat Stéphane Choisez du cabinet Choisez Avocats. «

Elle

ne fait pas partie des assurances obligatoires d’une entreprise

e

t il n’y a

aucune jurisprudence dans ce sens

». En revanche, les assurances non

pas obligatoires mais essentielles pourraient, dans le futur, en cas de

ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DES PROFESSIONNELS DU RISQUE ET DE L'ASSURANCE

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JUIN 2016

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PRODUITS ET SERVICES