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la gestion des risques, là aussi, elle ne figure pas dans

tous les organigrammes. «

Le terme de Risk Manager

n'est pas encore vraiment diffusé dans l'assurance et la

réassurance. Lorsqu’on regarde les offres d’emploi, on

constate que les terminologies ne sont pas très figées et

les profils ne sont pas très ciblés. On voit arriver souvent

des actuaires. La structuration d'une communauté d'ex-

perts ERM au sein de l’institut des Actuaires amène ces

derniers à remplir ces missions

», précise David Dubois,

Directeur Business Développement chez RGA.

… MAIS UNE FONCTION CLÉ

Que ce soit dans une grande ou une petite structure,

la fonction Risk Management est devenue essentielle.

«

Selon la directive, la fonction de la gestion des risques

accompagne la mise en place d’un système présentant les

risques dans leur globalité : elle doit avoir la capacité d'ana-

lyser et de porter un jugement sur les risques encourus par

un organisme d'assurance, de réassurance et mettre en

place des solutions de gestion de ces risques, de transfert,

d'acceptation, de limitations…

», ajoute David Dubois.

Les petites structures ne sont pas en reste, comme le

souligne Nicolas Dufour : «

nous intervenons princi-

palement en pilotage. Et nous devons donner aussi de

la cohérence entre les politiques et leurs déclinaisons

opérationnelles. Nous pouvons être amenés à passer de

sujets relatifs aux grandes orientations de la gouver-

nance ou intervenir sur des pratiques très précises comme

par exemple les contrôles de production.

»

UNE VISION ERM DE LA GESTION

DES RISQUES

Pour Catherine Véret Jost, Présidente de Cavejo, l’une

des grandes vertus de la directive est d’obliger les entre-

prises à enrichir leur approche. Néanmoins il ne faut pas

prendre les trois piliers en silo.

«Tous les acteurs de l’en-

treprise travaillent de concert sur la gestion des risques,

avec le Risk Manager comme chef d’orchestre. C’est une

démarche ERM qui implique une vision globale et cohé-

rente de la gestion des risques de l’entreprise et de leurs

traitements

». Dan Chelly va même encore plus loin et

voit dans Solvabilité II intégrant l’ORSA, une approche

«

ERM 2.0. C’est un must have entre la prise de risque et

la stratégie commerciale. C’est le premier texte où l’on

a un lien aussi étroit entre les deux

». Pierre Thérond le

confirme, «

Solvabilité II conduit à instituer les best prac-

tice en matière d’ERM même si les actuaires n’ont pas

attendu la directive pour mettre en place cette démarche

».

Mais peut-on mettre sur le même plan l’approche qui

s’impose dans les compagnies d’assurance de celle que

mènent les entreprises industrielles et commerciales ?

«

On constate quand même une convergence entre les deux

approches. Il y a une bonne inspiration de ce qui existe et

de ce qui est fait par ailleurs

», se réjouit David Dubois.

Pierre Thérond est en revanche plus circonspect : «

c’est

une approche comparable mais attention, les fondamen-

taux sont différents. Ce ne sont pas les mêmes risques qui

sont visés : dans les grandes entreprises non financières, il

y a souvent une segmentation risques business et risques

opérationnels. Pour les assurances, nous avons avant tout

les risques de souscription et les risques de marché.

»

LA PRIME À LA DIVERSIFICATION

Quoi qu’il en soit, si la transposition de Solvabilité II

ne s’est pas faite sans douleur, la plupart des acteurs

concernés sont aujourd’hui plutôt positifs. «

À mon

arrivée sur ce secteur d'activité, Solvabilité II était asso-

ciée à des contraintes réglementaires, puis peu à peu à des

exigences réglementaires et enfin à des leviers d’actions

»,

se rappelle Nicolas Dufour et de poursuivre : «

la séman-

tique est importante pour montrer que ce n’est pas qu’une

contrainte. C’est un nouveau cadre de travail qu’il va falloir

faire vivre

». Même analyse pour Jérôme Isenbart, «

il

faut voir Solvabilité II comme un accélérateur de bonnes

choses. Or en général, les compagnies sont tellement

préoccupées par leur portefeuille qu’elles ne peuvent pas

tout regarder

».

«La fonction Risk

Management est devenue

centrale également parce

qu’elle est transversale.»

David Dubois, Directeur Business

Développement, RGA

4 FONCTIONS CLÉS

Solvabilité II impose aux compagnies la mise

en place de quatre fonctions clés : conformité,

actuariat, gestion des risques et audit interne.

Des fonctions dont les attributions étaient en

général déjà occupées mais sans être réelle-

ment personnalisées ou sans apparaître en tant

que telles dans l’organigramme de l’entreprise.

Désormais, elles sont distinguées même si elles

peuvent être cumulées à l’exception de l’audit

interne qui doit rester une fonction totale-

ment indépendante. La directive fixe des prin-

cipes communs à ces quatre fonctions, parmi

lesquels : l’obligation de remonter rapidement

tout problème majeur ; la mise à disposition

de ressources et une expertise adéquate, libre

d’influences pouvant entraver l’objectivité,

l’impartialité et l’indépendance.

David Dubois,

Directeur Business

Développement, RGA

Dan Chelly,

Optimind Winter

ATOUT RISK MANAGER, LA REVUE DE L’AMRAE

I N°7 I

DÉCEMBRE 2015

20

DOSSIER

SOLVABILITÉ II