ATOUT RISK MANAGER N°33

ATOUT RISK MANAGER N°33 I ÉTÉ 2022 35 Dossier - Maîtriser les risques hydrogène et batteries au lithium-ion alimenter en électricité le réseau général ou une maison, le fameux «vehicle to grid » (du véhicule au réseau, ndlr). » Le risque sort des usines Au-delà des considérations techniques, c’est toute une culture du risque qu’il faut faire infuser, presse Jean-François Iparraguirre, consultant expert CNPP. « Le besoin est réel de déployer une culture de la sécurité à chaque niveau de la chaîne, et notamment pour les nouveaux acteurs des filières hydrogène et batteries au lithium-ion. Pour l’hydrogène notamment, on avait jusqu’alors des équipes rompues à ces risques dans les usines historiques. Maintenant, les acteurs se multiplient sous l’effet notamment du plan Hydrogène français, avec une culture demaîtrise des risques très différente. Ces enjeuxde sécuritéauniveaude laproduction, l’exploitation, la maintenance et de l’utilisation doivent faire l’objet de sensibilisation et de formation ». Une nécessité d’autant plus grande, en ce qui concerne l’hydrogène notamment, que le risque sort de l’enceinte des usines pour se rapprocher du public. Jusqu’ici en effet, l’usage se faisait sur des gros sites industriels, éventuellement classés Seveso appliquant des mesures de prévention très strictes et identifiées telle la réglementation Atex (2). « Désormais, on va électrolyser et distribuer de l’hydrogène sur la voie publique «et nous portons une grande attention aux risques d’incendie ou d’explosion d’hydrogène en pleine ville », souligne Nicolas Mortegoutte, souscripteur expert énergies renouvelables & risques techniques chez Axa France. «Clairement, la réglementation doit être mise à jour. Les industriels de la filière et les assureurs travaillent avec les autorités en ce sens : le nouvel arrêté de prescription attendu pour janvier 2023 devrait autoriser une réglementation simplifiée pour les petites stations de distribution d’hydrogène, moyennant de nouveaux moyens de sécurité : séparateurs physiques, coupures automatisées de l’ensemble des distributeurs en cas de choc. Dans le cas de stations multiénergies, la coexistence de carburant fossile, d’hydrogène (ou autres gaz), et de bornes électriques, poseranécessairement desquestions de prévention des risques.» Comment maîtriser les risques connus? La complexité et la superposition des réglementations applicables aux systèmes à hydrogène (ICPE, équipements sous pression, canalisations à risques, réglementation Atex etc.) rendent d’autant plus nécessaire cet accompagnement des nouveaux acteurs de la filière. Et des recherches restent à mener, notamment sur le stockage sous forme liquide (cryogénique), sur le stockage massif de l’hydrogène dans le sous-sol ou encore, la sécurité des infrastructures qui accueilleront les moyens de transport à hydrogène. Du côté des exploitants, et des passagers, ce sont surtout les usages liés aux batteries au lithium-ion qui préoccupent pour le moment. Comme chez Transdev (filiale de la Caisse des Dépôts), qui dispose d’une flotte électrique de 1 800 véhicules (bus et cars), en particulier aux Pays-Bas et en Suède, et plus récemment en Colombie (400 bus) – la cinquantaine de bus à hydrogène restant néanmoins marginale à ce stade dans la f lotte mondiale de plus de 42 000 véhicules. Pour acquérir et entretenir une expertise technique devenue indispensable sur ces nouvelles technologies en constante évolution, le groupe de transport public a constitué «Le besoin est réel de déployer une culture de la sécurité à chaque niveau de la chaîne de valeur. » Jean-François Iparraguirre, CNPP. Avec l’hydrogène, le risque sort de l’enceinte des usines pour se rapprocher du public.

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