ATOUT RISK MANAGER N°33

ATOUT RISK MANAGER N°33 I ÉTÉ 2022 66 Actualités de l’Amrae -Défis de l’assurance D’ici à 2050, le coût des sinistres climatiques pourrait représenter 143 milliards d’euros, contre 74 milliards aujourd’hui, selon l’étude Sigma réalisée par Swiss Re Institute qui dresse chaque année le bilan des pertes liées aux catastrophes naturelles dans le monde. Comment expliquer que la facture puisse doubler en 30 ans ? Si dans les années 1970, une cinquantaine de catastrophes naturelles étaient recensées chaque année à travers le monde, le chiffre atteint 200 dans les années 2010. Et leur coût passe de 23 Md$ par an dans les années 1970, à 211 Md$ en 2010. Presque dix fois plus. « Si on s’attache à la France, le coût des sinistres climatiques était en moyenne d’un milliard d’euros dans les années 1980, il est désormais de 3 Md€. Ces chiffres étant corrigés de l’inflation, cela signifie que la sinistralité a triplé en France. Entre les 30 dernières années et les 30 prochaines, nous estimons que la sinistralité augmentera de 93% », détaille José Bardaji, directeur statistiques et recherches économiques chez France Assureurs. L’effet richesse « Mais dans le détail, on voit que le coût moyen par catastrophe augmente d’un peu plus de 2%. Ce qui veut dire que la principale cause de cette augmentation n’est pas l’effet climatique mais l’effet richesse qui y contribue pour 53% », insiste-t-il. Autrement dit, c’est bien la croissance économique qui est un facteur important de la flambée de la sinistralité, pas le dérèglement climatique qui y contribue tout de même pour 35%. « Cela aura forcément un effet sur la facture assurantielle », ajoute José Bardaji. La preuve par Forvia (ex-Faurecia), où les effets du dérèglement climatique sur l’activité du groupe et le renchérissement des primes d’assurance sont palpables. En 2012, les inondations dans des zones industrielles de Thaïlande avaient engendré l’arrêt des usines de l’équipementier automobile. « Et en 2021, la vague de froid au Texas a désorganisé la production, nos usines mexicaines étaient à l’arrêt, les pertes d’exploitation ont atteint plusieurs dizaines demilliers d’euros », témoigne Michel Josset, administrateur de l’Amrae, président de la commission prévention et dommages aux biens, directeur assurances et prévention de Forvia. Pour Karima Carmoun, président de Robeco France, gérant d’actifs spécialisés dans les investissements verts, « Les assureurs sont exposés à double titre : par le coût de la sinistralité qui s’envole et par la gestion de leurs portefeuilles d’investissements qui doivent nécessairement intégrer le risque climat ». Dans son étude annuelle Climat-biodiversité sur la manière dont 300 grands investisseurs en Europe, en Amérique duNord et Asie-Pacifique, abordent les opportunités et les risques liés au réchauffement climatique, Robeco révèle qu’ils sont de plus en plus nombreux à envisager de désinvestir des sociétés pétrolières et gazières utilisant des énergies fossiles, passant de 11% à 22% au cours des deux prochaines années. 80% répondent que les enjeux climat sont au cœur de leurs stratégies d’investissements. Pour L’Amrae, avec Michel Josset et Philippe Cotelle, participait le 12 avril 2022 aux «Défis de l’assurance», organisés par La Tribune de l’Assurance . Au programme, la réponse dumarché de l’assurance face à la montée des risques climatiques et le durcissement dumarché de la cyber-assurance. Compte rendu. Par Nathalie Arensonas Les défis de l’assurance Risque climatique et assurance : toujours alliés? Le coût des épisodes climatiques extrêmes augmente en France et partout dans le monde. Quelles en sont les conséquences pour le marché de l’assurance et les entreprises? «Le coût moyen par catastrophe augmente d’un peu plus de 2%. Ce qui veut dire que la principale cause de cette augmentation n’est pas l’effet climatique mais l’effet richesse qui y contribue pour 53%. » José Bardaji, directeur statistiques et recherches économiques, France Assureurs.

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