ATOUT RISK MANAGER N°33

ATOUT RISK MANAGER N°33 I ÉTÉ 2022 71 Actualités de l’Amrae - Défis de l’assurance l’accompagnement des TPE-PME n’est pas efficace ». Le risque cyber est méconnu de ces entreprises et insuffisamment couvert. « Il faut une politique long terme de gestion des risques à cet enjeu, alors que même les assureurs répondent de façon volatile et à court terme », décrit l’administrateur de l’Amrae. « Il y a décalage entre le marché de l’assurance et les besoins de l’entreprise. Les primes ont flambé. Les souscripteurs – ce sont eux qui connaissent le mieux ce risque – n’ont plus les autorités de souscription, la décision leur échappe. Cela retarde le processus de souscription et aboutit à une offre qui ne prend pas toujours en compte la qualité du risk management », poursuit Philippe Cotelle. « Les assureurs sont en quête d’équilibre », répond Christophe Delcamp, directeur adjoint des assurances de biens responsabilité chez France Assureurs. Avec la Fédération nationale des syndicats d'agents généraux d'assurances, ils ont noué un partenariat avec la Gendarmerie nationale pour sensibiliser les agents d'assurance au risque cyber. Eux-mêmes ont pour mission d'informer leurs clients, TPE et PME, sur les risques enmatièrede cybersécurité, les outils de prévention, et les solutions d'assurance. « Ce qu’il faut, c’est faire un audit sur les vulnérabilités des entreprises », conseille Michaël Robart de Diot-Siaci pour qui « le déséquilibre du marché entre les risques et les primes ne peut plus durer ». Un risque captivé Pour Philippe Cotelle, « c’est l’équilibre du marché de l’assurance qui est à risque car les risques cyber sont payéspar lesgrands comptes ». Et s’ils ne paient plus ? « Si les assureurs décident d’augmenter les franchises du jour au lendemain, la solution captive est une option mais si c’est sous contrainte, la captive sera-t-elle une solution pérenne? », interroge le risk manager. « Le risk cyber captivé a été multiplié par 200% ! », rappelle-t-on chez Diot-Siaci. Mais sur 6 000 captives dans le monde, il n’en existe toujours que neuf en France. n «C’est l’équilibre du marché de l’assurance qui est à risque car les risques cyber sont payés par les grands comptes. » Philippe Cotelle, administrateur de l’Amrae et président de la commission cyber, risk manager d'Airbus Defence and Space. «Quand les grandes entreprises se demandent si elles peuvent s’assurer, les petites se demandent si elles peuvent se l’offrir. » Mickaël Robart, directeur du département Risques Financiers et Cyber de Diot-Siaci.

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