ATOUT RISK MANAGER N°33

ATOUT RISK MANAGER N°33 I ÉTÉ 2022 46 Métier Risk Manager - Réseau international Quel bilan tirez-vous de l’année 2021 ? L’année 2021 a été marquée par de nombreux sinistres pour le marché français et les polices Violences politiques et Terrorisme y ont démontré toute leur utilité. Dans la continuité d’une année 2020 qui avait déjà était particulièrement tendue notamment en Amérique latine, le marché français a indemnisé des assurés pour des sinistres survenus sur à peu près tous les continents et pour à peu près tous les périls assurables. Quel a été l’impact de cette sinistralité croissante sur votre politique de renouvellement ? Les taux sont restés relativement stables au 1er janvier. En somme, seuls certains programmes sinistrés et toujours très exposés ont été retravaillés et majorés. Conscients des impacts sur les budgets de nos clients, nous avons pris le parti d’anticiper ces renouvellements et amorcé un véritable travail de fond bien en amont avec nos partenaires courtiers et nos clients pour restructurer ces polices. Cette approche a été appréciée par nos partenaires et notre taux de rétention dépasse les 90%. Le regard des assurés a-t-il changé sur ces garanties ? Ce qui est véritablement nouveau, c’est le regard que nos assurés portent désormais sur l’Europe. En plus des troubles sociaux qui pourraient être amplifiés par le retour de l’inflation et les conséquences sociales des mesures sanitaires, la guerre en Ukraine a rappelé que des conflits d’intensité pouvaient resurgir sur le Vieux Continent. Dans leur réflexion, nos assurés constatent que même les pays européens les plus stables (Allemagne, Pays-Bas, Belgique) ont connu de violentes émeutes ces dernières années, et que, dans certains cas, ce sont des signaux très faibles qui en ont été l’élément déclencheur (limitation de la vitesse et prix de l’essence dans le cas des Gilets Jaunes en France). Cette prise de conscience s’étend désormais aux risques de violences politiques et de guerre. Aussi, depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, nous recevons un afflux d’études portant sur les pays limitrophes de l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie. Nos assurés sont en effet soucieux de protéger leurs biens dans ces pays qui passaient jusqu’ici « sous les radars », mais également de sécuriser l’ensemble de leur chaine d’approvisionnement. Enfin, ce retour brutal de la guerre sur le sol européen ne doit pas non plus faire oublier le retour d’un terrorisme d’extrême droite comme en Allemagne, de consort avec le retour de la menace terroriste islamiste, portée par les récents évènements au Moyen-Orient et en Afrique occidentale. Comment percevez-vous l’année 2022 ? Face à la fréquence et à l’intensité des sinistres ukrainiens, un réajustement des taux et des engagements parait inévitable. Nombreux sont les assurés français qui ont déjà activé leur police au titre des dommages directement issus de la guerre, mais également de la rupture de leur chaine d’approvisionnement ou bien de l'interdépendance des différentes filiales des groupes. A plus long terme, ce sont les répercussions directes et indirectes qui nous préoccupent. De nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont en effet dépendants des exportations de blé russe et ukrainien et il en est de même de l’Europe vis-à-vis du gaz russe. Enfin, les sanctions internationales, l'inflation et l’incertitude sur l’évolution du conflit nous incitent à la prudence quant à l’engagement de nos capacités et la rédaction de nos contrats. En dépit de ce contexte exigeant, nos objectifs de croissance sont maintenus et nous continuerons d’accompagner nos assurés à l'international. Interview de François Barriol, Responsable souscription Terrorisme & violences politiques François Barriol Responsable Souscription Terrorisme & violences politiques Paris, France

RkJQdWJsaXNoZXIy MTkzNjg=