ATOUT RISK MANAGER N°33

ATOUT RISK MANAGER N°33 I ÉTÉ 2022 3 Plus que jamais sollicités Remonter le temps et revenir à la gestion des risques que nous connaissions depuis la dernière décennie, cela nous semblerait aujourd’hui si simple, comme un retour aux fondamentaux, presqu’un havre de paix. Pour nous, risk managers, l’époque des renouvellements « cordiaux » est révolue. Le temps de la fraude, des pannes de production, des accidents, de l’anticorruption et du devoir de vigilance était finalement assez prévisible, et ces risques-là bien plus faciles à gérer que les risques extrêmes qui prévalent aujourd’hui ! Pandémie, guerre, inflation, évènements météo, équilibres politiques, etc. Aujourd’hui, l’incertitude est le maître mot. Beaucoup d’entreprises ont de grandes difficultés à se projeter à plus de six mois, alors qu’il leur faudrait être capables de prévoir des grandes tendances à 10, 20, voire 30 ans afin de retenir dès à présent des orientations stratégiques sectorielles pertinentes. Cela leur permettrait, par exemple, de prendre les décisions d’investissement de long terme qui seraient de nature à contrer les conditions climatiques de demain. Au lieu de cela, elles doivent se concentrer chaque jour sur la gestion des crises successives, sur la continuité de leurs activités dans des environnements macroéconomique et géopolitique chahutés, et surtout sur leur solvabilité financière à court terme. Dans ce contexte, les dirigeants se tournent de plus en plus souvent vers les risk managers. Parmi les quelques fonctions chargées d’observer le milieu dans lequel l’entreprise évolue et d’anticiper les tendances, la nôtre présente une singularité. En effet, la fonction risque peut aussi bien tenir son rôle habituel de projection dans l’avenir que soutenir dès à présent de nouveaux besoins opérationnels plus immédiats : intégrer les équipes de gestion de crise pour piloter une cellule anticipation, contribuer à quantifier les risques extrêmes, avancer sur les systèmes de couverture alternatifs ou d’autoassurance, contribuer à l’évolution des systèmes d’information financiers en vue de la mise en place des nouveaux besoins de reporting de l'Union européenne (CSRD, CSDD, taxonomie) etc. Cette immersion plus profonde dans les opérations est apparue récemment et se renforce au fil du temps. La diversité des sujets traités dans ce numéro d'Atout Risk Manager illustre bien l'expansion de nos terrains d’expression. Nous y abordons la gestion de crise avec l’expertise de Benoit Vraie, administrateur de l'Amrae récemment élu, la fraude, menace dont un livre blanc récemment publié rappelle la présence, les nouvelles mobilités, qui font apparaître de nouveaux risques et débats d’experts, la couverture du risque cyber par les assurances, que l’étude LUCY 2022 détaille plus encore que dans sa première édition, ou encore les attentes accrues des instances de gouvernance envers la fonction risque et qui sont au cœur de certaines sessions de formation de l’Amrae. L’édition 2022 du baromètre des métiers du risk management témoigne des évolutions de notre fonction qui s’affine encore. Plus que jamais, elle étend sa sphère d’influence dans l’entreprise. Plus que jamais, le risk manager est au centre du jeu, bien au-delà de ses attributions historiques. Plus que jamais, nos missions agrègent les analyses macro et l’expertise pointue sur des réglementations de plus en plus précises impliquant le risque. n Atout Risk Manager Édito Philippe Noirot, Administrateur et copilote du comité scientifique permanent, directeur adjoint risk management du groupe Orange.

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