ATOUT RISK MANAGER N°26

ATOUT RISK MANAGER N°26 I AUTOMNE 2020 39 Dossier - Grand Ouest et Auvergne - Rhône-Alpes : deux régions AMRAE au cœur de la crise de la Covid-19 dû fermer, nos scénarios de bascule d’un site à l’autre ont été inopérants. Nous allons donc élaborer un PCA plus global, avec une réévaluationdes niveauxde stocksminimums. » Ce sous-dimensionnement du PCA, tout le monde l’a vécu : « Personne n’avait imaginé le scénario du confinement généralisé, assure Cécile Weber (Maif). Nous n’aurions eu aucun crédit si nous avions présenté un tel scénario à notre gouvernance. » La préparation à la gestion de crise est pourtant, selon l’étude menée par le Medef Deux-Sèvres, l’un des points clés de la résilience : « En phase aigüe de crise, la pression pesant sur les dirigeants est telle qu’il vaut mieux que la gouvernance soit bien préparée et structurée , commente Valentin Gervit, responsable de la gestion des risques au Medef Deux-Sèvres. Elle peut aussi faire preuve d’humilité et rester ouverte aux remontées d’informations internes et externes. » Du reste, la cellule de crise n’est pas systématiquement un copier-coller du comité de direction : « Elle doit associer d’autres compétences » , insiste ValentinGervit. L’humilité est apparue comme une vertu cardinale durant cette crise hors normes. «Nous nous étions entrainés et nous avions préparé notre gouvernance en organisant chaque année un exercice de gestion de crise , explique Cécile Weber. Cet entrainement permet de mieux gérer le stress, d’être plus armé pour sortir de sa zone de confort et de surmonter le risque de biais cognitifs tels que le déni ou l’illusion de contrôle. Dans chaque cellule crise, il faut en effet réduire l’effet de ces biais pour éviter les prises de décision non rationnelles et l’aveuglement collectif. » Malgré cette préparation, Cécile Weber l’admet bien volontiers : « ll a fallu avoir l’humilité de reconnaître que notre PCA n’était pas parfaitement adapté aux dimensions de la crise, notamment du fait de sa cinétique très longue. Il a donc fallu le réajuster rapidement. » C ela n’a en rien altéré la confiance de sa gouvernance. De ce point de vue, CécileWeber garde un souvenir très fort : «Dès le mois de janvier, nous avons eu la conviction qu’il fallait suivre ce virus de près car il était inconnu , explique-t-elle. Le 24 février, nous avons alerté notre direction générale et commencé à élaborer des scénarios de confinement localisé dans les régions les plus touchées par la pandémie. Nous avons ainsi pu enclencher le PCA dès le 2 mars : cela nous a donné deux semaines d’avance pour préparer le déploiement du travail à distance. » Le feu vert donné par la direction générale dès le 2 mars a été vécu par Cécile Weber et son équipe comme «un moment de confiance très fort. » Toutes les entreprises ne sont pas si bien préparées : « En réalité, peu de PME ont un véritable PCA, explique Eric Contégal, co-pilote de l’AMRAE en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce n’est pas forcément une question de taille : «  ll a fallu avoir l’humilité de reconnaître que notre PCA n’était pas parfaitement adapté aux dimensions de la crise, notamment du fait de sa cinétique très longue. Il a donc fallu le réajuster rapidement. » Cécile Weber, responsable PCA de la Maif «  Quand tous les sites ont dû fermer, nos scénarios de bascule d’un site à l’autre ont été inopérants. Nous allons donc élaborer un PCA plus global, avec une réévaluation des niveaux de stocks minimums. » Julio Rueda, en charge de l’excellence opérationnelle finance et du contrôle interne de Somfy

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